LE CYBERNEPHONE :
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Présentation du Cybernéphone Présentation du concept Gmebaphone et de l’instrument Cybernéphone III ) Principe et descriptif généraux 1) Les réseaux de haut-parleurs2) La console IV ) Quelques traits particuliers V) La diffusion/ interprétation
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Présentation du concept Gmebaphone et de l'instrument Cybernéphone
C'est un instrument ( console et système-processeur ) et un instrumentarium ( amplis, traitements, haut-parleurs ) conçus pour l'interprétation-diffusion de la musique électroacoustique en concert. Ce sont les principes d'un concept musical qui définirent le cahier des charges et modélisèrent l'instrument. Ce concept porte sur l'interprétation musicale basée sur l'analyse de l'oeuvre et sur celle des signaux physiques. Ce faisant, il pose et propose de la musique électroacoustique une lecture acoustique pertinente des complexités sonores (timbre, temps, espace) et une mise en relief musical, contrôlées et jouées par l'exécution et le jeu d'interprétation qui expriment et transmettent lisible l'oeuvre au public. C'est un processeur-simulateur d'espaces électroacoustiques sonores et un synthétiseur polyphonique acoustique d'espaces musicaux. C'est un générateur de timbres, de temps et d'espaces. C'est un instrument constitué d'un ensemble hiérarchisé de systèmes, accès, et opérateurs, et doté d'une mémoire, de tablatures, d'une combinatoire et de règles et modes de jeu fondant une rhétorique de l'interprétation et de l'expression. |
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I ) Origines La musique étant faite et produite pour être jouée et entendue, nos recherches appliquées à la diffusion musicale déterminées par nos propres techniques expérimentales de composition et de diffusion-interprétation sont fondamentales pour établir et fonder notre "code", notre "parole" comme spécifiques, et pour le transmettre au public, établir la communication avec lui. Qui plus est, la musique électroacoustique est une musique qui dans son processus de composition prend fondamentalement en compte la communication-échange et la diffusion-interprétation de celle-ci :
Ainsi, les recherches appliquées à la diffusion sont fondamentales pour la musique électroacoustique de par :
Ces principes définirent le cahier des charges de l'instrument de diffusion Gmebaphone. Conçu par Christian Clozier, étudié avec la collaboration de Pierre Boeswillwald, il fut réalisé par Jean-Claude Le Duc dans le cadre de l'Atelier de Recherches Technologiques Appliquées au Musical (A.R.T.A.M.) du G.M.E.B. et inauguré lors du IIIè Festival International des Musiques Expérimentales de Bourges en juin 1973.
II ) Historique Le concept musical formalisé en 1973 dans la réalisation du 1er Gmebaphone connaît depuis, (1975, 79, 82/83, 86/90, 92/93 et 97/98), des développements techniques et théoriques importants. La validation des expériences acquises a permis dans le cadre de la réalisation des modèles suivants d'affiner les moyens et accès des interfaces instrumentalisés et de développer les modes de jeu et leurs stratégies ainsi que les techniques d'analyse. Dans un premier temps, les recherches pour suivies ont porté sur une optimalisation de la qualité de reproduction du signal acoustique et musical, - par le nombre de haut-parleurs en réseau, le nombre de réseaux, la valeur sonore de la chaîne et sur les moyens d'accès -, la lutherie. Ainsi, un deuxième modèle a été réalisé pour juin 1975, disposant de 6 entrées et 2 réseaux, puis un troisième doté de 8 entrées et 22 sorties pour septembre 1979. Cette dernière version pouvait être jouée analogiquement avec les doigts et/ou simultanément numériquement par programmation de 16 registres sur la matrice commandable "C6" développée au Gmebogosse. Cette introduction de l'aide à la diffusion assistée par ordinateur (miroir des travaux de recherche poursuivis dans notre studio sur les processus de composition musicale assistée par ordinateur), grâce à un dispositif de contrôle et d'exécution, a été étudiée et réalisée avec la collaboration de Yves Petit. Une deuxième étape d'optimalisation a été engagée en 1982, portant sur la numérisation et le traitement des signaux tant à l'enregistrement qu'à la diffusion. A l'enregistrement, un travail en PCM met en valeur les jeux de dynamiques (forts ambitus et silences), les attaques, transitoires et diminuendi précis. A la diffusion, avant le mixage des voies registrées, afin d'amplifier la synthèse d'espace acoustique, des algorithmes de traitements sur les phases, les délais et les timbres sont réalisés par un "Processeur Numérique de Profilage des Signaux sonores" développé au GMEB. La première version de ce processeur a été présentée en concert lors du 13è Festival International en juin 1983. Puis le département informatique du GMEB a développé un premier concept de console audionumérique d'interprétation - diffusion assistée par ordinateur permettant la mémorisation de l'ensemble des gestes instrumentaux et leur variation en direct, lors et selon l'exécution du concert. Cette console-prototype appelée Ulysse a été présentée lors du Festival "Synthèse 90" de Bourges. Le Gmebaphone 5 a été lancé en 1992, inauguré en octobre au Festival de Madrid et développé courant 93. Toujours réalisé par le duo Clozier/Le Duc, ses logiciels ont été écrits par Didier Bultiauw. L'instrument (1992/93) est numérique avec assistance par ordinateur pour les fonctions mémoire, séquenceur, synchronisation, la représentation, le traitement de signal, et depuis une tablette graphique pour les modes de jeu et les tablaturesmusicales. Puis pour ce m ême instrument /console à protocole Midi, de nouveaux logiciels ont été développés par François Giraudon pour le Festival 1996. Le Gmebaphone 6 (1997/98) a été présenté dans sa première version au Festival 1997. Une toute nouvelle console numérique à touches digitales, dotée de deux écrans de visualisation des états et de contrôles informatisés, constitue cette nouvelle version de l'instrument. Les logiciels proposent de nouvelles fonctionnalités pour des jeux en temps réel, des séquences dynamiques et des automations.
Outre ces développements, cette nouvelle version offre deux possibilités, deux ouvertures majeures :
Cette version a été réalisée par Christian Clozier, François Giraudon et Jean-Claude Le Duc. La version 6.2 apparue en 2002 tourne en 24 bits.
Cette version a été réalisée par Christian Clozier, Jean-Claude Le Duc et Alex Mihalic.
III ) Principe et descriptif généraux On peut définir le Cybernéphone comme un vaste synthétiseur acoustique, un instrument d'interprétation dont le compositeur joue en concert, instrument d'expression de son oeuvre, de mise en évidence de la structure de son oeuvre au public, de sa concrétisation sonore, mais aussi instrument du plaisir pur de l'écoute, de mise en valeur des sons. A la tripartition classique d'un instrument, le Cybernéphonerépond : l'excitateur, c'est la console - le vibrateur, ce sont les haut-parleurs - le résonateur, c'est la salle et le public. Ce dernier point étant excessivement variable, les précisions ne peuvent porter que sur les deux premiers. 1) Les réseaux de haut-parleurs : 6 réseaux, 2 types Brièvement, les fonctions propres de chacun sont :
- des tableaux de configuration (tablatures) de tout ou partie des réglages (niveau, groupement, traitement) qui peuvent être appelés et exécutés à un moment donné, manuellement dans l'instant de l'interprétation ou déclenchés par le séquenceur, exclusifs ou additionnés.
IV ) Quelques traits particuliers Le projet du Cybernéphone est de placer la musique en re-présentation selon la sensibilité et l'analyse de l'interprète qui par sa mise en jeu de figures de diffusion constituées de constructions d'espaces, de timbres et de temps rend lisible, décrypte et exprime l'oeuvre au public. Il ne s'agit pas de mettre en mouvement la musique, mais que les espaces dont elle est forgée, espaces-noyaux et plans de timbres et de temps, se révèlent et se déploient. L'espace ainsi reconstruit n'est pas celui du réel, mais celui de l'imaginaire qui rend réel, qui concrétise la musique. Il y faut jeu-plaisir de l'interprète et perception suscitée de l'auditeur. C'est pourquoi le Cybernéphone est structuré en réseaux de haut-parleurs dont chacun, outre les relations qu'ils établissent et développent entre eux fondent l'orchestique de l'interprète, propose un type de relation et de rapport entre l'auditeur et le réseau, relation d'écoute et rapport psychologique. Chaque réseau dans son positionnement à auditeur suscite un mode différent de perception chez celui-ci, non pas des réseaux par rapport à lui, mais de lui par rapport aux réseaux de diffusion. Interpréter c'est communiquer l'oeuvre, c'est ainsi créer et jouer des mises en situation psychologiques de la perception de la matière musicale. Ainsi fonction des spécificités des 6 réseaux, sont mises en oeuvre 6 situations de réception par l'auditeur, 6 situations psychologiques, 6 situations d'orchestration et de dramaturgie sonore pour l'interprète.
Brièvement, les réseaux peuvent être définis comme :
V ) La diffusion / interprétation
De plus, la musique, est le seul système symbolique de communication et d'échange qui déroule dans le temps, selon la ligne irréversible du temps (génératrice de la création et de l'écoute musicales dès lors que jouée/jouant avec la Mémoire) non pas une information, une unité sonore à la fois, au même moment, mais plusieurs, un ensemble dont les parties entretiennent des rapports à l'instant simultané mais également fonction des moments, des fragments de temps antérieur (loin et proche, ce qui fut et le commencement de l'instant) et de temps postérieur (proche et loin, la fin proche de l'instant et ce qui sera) de chacune des parties, des voies entendues simultanément. Si tout cela est à entendre, pour le plaisir de l'écoute et du comprendre, il convient de s'efforcer de bien le faire entendre. C'est le souhait du "Cybernéphone", générateur acoustique d'espaces-temps. Ainsi quand nous disposons et éclairons notre grand nombre de haut-parleurs sur scène et dans la salle, ce n'est pas pour "montrer" la musique, pour combler ou masquer la non-présence de personnes, d'instrumentistes, c'est pour qu'elle soit entendue. Elle, et non pas les haut-parleurs, car un Cybernéphone qui sonne bien ne permet pas la localisation des sons émis. Ce sont les espaces et leurs relations qui doivent être entendus, non les émetteurs. Les haut-parleurs sur scène sont ainsi un ensemble formé de volumes abstraits d'où procède la musique, mouvement de temps coloré qui développe son espace.
" Comme un rêve est placé dans une atmosphère qui lui est propre, de même une conception, devenue composition, a besoin de se mouvoir dans un milieu coloré qui lui soit particulier ". Baudelaire |
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En application de cette amplification de l'architecture hard et soft, le nombre de haut-parleurs contrôlés passe à soixante-seize, structurés en 6 réseaux indépendants pour 8 voies d'entrée.
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Enfin le Cybernéphone 7 a été présenté au 35e Festival de juin 2005. La nouvelle console a introduit les potentiomètres motorisés ce qui tout en conservant le dialogue contrôleurs/ordinateur propose une ergonomie " classique " propre à satisfaire
En effet, ils opèrent une analyse et une sélection des timbres et les répartissent en 6 registres par voie gauche et droite de couleurs sonores (2 graves, 2 médiums, 2 aigus) distribués à des haut-parleurs spécialisés. Ceux-ci configurés, de la pointe du premier registre grave aux ailes ultimes aiguës, opèrent une re-synthèse acoustique des sons.
La diffusion d'une oeuvre électroacoustique exige autant d'attention que celle communément requise et admise pour la composition, car la diffusion ou l'idée contrôlée dans l'acte de création de ce que sera sa reproduction est indissociable du processus m ême de la composition.