Editorial Festival 2006

Festival 2006

Il y a cent ans, Lee de Forest cachait l’arbre qui allait devenir cette forêt, celle de la musique électroacoustique et des techniques électroniques constituée de tous ces embranchements : familles, espèces, ramure, ramage, couleurs et greffons, de circonstance ou persistants, futaie de haut lignage,

Au-delà de ce dicton sur " l’audion " les correspondances entre l’arbre et la musique sont bien patentes : musique à la hache, musique écorcée vive, musique abattue, élevée, élaguée, découpée, rectiligne, torse, noueuse, rugueuse, en cendres, à vau l’eau…

Ou bien comme le rimait Baudelaire :

" la nature est un temple où de vivants piliers
laissent parfois sortir de confuses paroles "

Bref, cette grille au mitan, régulatrice et amplificatrice, aura généré, ouvert les perspectives futures à des cohortes de compositeurs et de luthiers.

Ainsi, en 2005 et 36 festivals, la forêt s’étendit à Bourges sur près de 6000 musiques arborant 58 pays.

Et ailleurs, bien sûr, d’autres nombreuses plantations.

L’audion a bien porté son nom. Le visuel du Festival de cette année lui porte un fidèle hommage et le programme musical marque cette amplification continue de la création.

Comme chaque année, deux séries quotidiennes rythment Synthèse

- les Journées : coïncidences et actualités internationales proposent aux professionnels et au public aventurier et défricheur des programmes et rencontres de découvertes

- les Vesprées : aux divers formats de musique : de concert, de film, de danse, de multimédia, d’instrumentatistes en des parcours aux sentiers plus élargis.

Mais tous et chacun y sont à chaque série invités à une déambulation auriculaire, à croiser les chemins de la triode pour retrouver derrière les confuses paroles, quoi ?, l’éternité !,

Car " l’homme y passe à travers des forêts de symboles
qui l’observent avec des regards familiers ".